Chapitre 9 : Les phases de la lune


Madame, madame, madame, hurla-t-il.

— Quoi…?! tu ne vois pas que je danse et que je suis belle ?

— Bien sûr que je le vois et c’est pour ça que je viens vous voir !

— Dépêche-toi, je ne vais pas tenir comme ça longtemps ! » grogna le canard

—Madame…!

— Quoi, tu me déranges encore, vilaine écharde !? Que veux-tu à la fin ?

— Je suis le messager de la forêt millénaire. Je viens vous offrir une parure digne de votre grande beauté. Elle a été confectionnée exprès pour vous et vous rendra plus belle encore.

— Cela se peut-il… ?

— On m’a demandé de vous faire essayer vos plus belles robes afin de trouver celle que cette parure rendra sublime ? »

La Lune disparut et revint vêtue d’une robe feu et cuivre.

« Celle-ci te convient-elle ?

— Hmmmm…! je me souviens d’une robe que l’on croirait faite de glace, de lumière blanche et de questions. Une robe dans laquelle vous êtes si belle et si fragile!

— Fragile… ?! » Surprise par ce mot, elle disparut à nouveau.

Elle revint parée de sa robe pâle et translucide.

« Oooh, vous êtes … Woawww…! » souffla Pernambouc.

— Alors, cette parure, me l’offriras-tu enfin, vilain bâton ?

Pernambouc arracha plusieurs plumes de son compagnon de vol.

— Aïe…! Aïe… ! » cria le canard qui n’avait pas prévu qu’on le déplume.

Il tressa une magnifique parure et l’offrit à la Lune qui la prit sans ménagement pour se couronner elle-même.

Défait d’une partie de ses plumes et épuisé par tout l’effort qu’il venait de fournir, l’oiseau piqua vers la terre à la vitesse d’une pierre.

L’équipage traversa des nuées de brumes, de fumées et de nuages obéissants à l’appel de la Lune qui avait revêtu sa robe des grandes, grandes, grandes pluies.

Lune brouillée,
Lune cerclée,
Lune pâle.

Terre mouillée,
Soeur ondée,
Pluie dévale.

L’équipage ne vit pas venir le sol et termina sa course dans un conglomérat de cendre chaude, de feuilles et de terre.

Le vent soufflait en rafales et les flammes, à présent étaient cernées par des nuages lourds et chargés comme des bombardiers d’eau.

Violino, épuisé drogué par les fumées toxiques brûlait ses dernières cartouches.

Une intense douche de pluie le terrassa dans une odeur de soupe de charbon végétal et de soude. Le choc de la pluie, s’abattant sur les flammes provoqua un souffle nourri de vapeur. Un nuage de cendre blanche vint talquer le paysage et Violino, calmé, se laissa tomber d’épuisement.

De tous côtés, la faune et la flore éclopée convergeaient. Nombreux étaient ceux qui avaient été blessés durant la catastrophe et, de toutes parts, ça boitait, claudiquait, clopin-clopait.

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